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La sophrologie au service des maths

Allier la sophrologie aux mathématiques. Pas évident de prime abord. Pourtant, rien de tel pour favoriser les apprentissages ! Exemple au collège Le Coutaller de Lorient, où des futurs sixièmes du dispositif « École ouverte » apprennent, tout en se relaxant. (https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient/college-le-coutaller-la-sophrologie-au-service-des-maths-28-08-2018-12062671.php)

L’École ouverte, quèsaco ? Instauré depuis 1991 par le ministère de l’Éducation nationale, le dispositif consiste à accueillir, dans les collèges et lycées, pendant les vacances scolaires, des jeunes qui vivent dans des zones urbaines et rurales défavorisées ou dans des contextes culturels et économiques difficiles. Une opération développée en priorité dans les établissements des réseaux de l’éducation prioritaire ou relavant de la politique prioritaire de la ville.

Cours le matin, activités l’après-midi

Le collège Jean-Le Coutaller, dans le quartier du Bois-du-Château, à Lorient, a saisi la balle au bond il y a plusieurs années. L’établissement ouvre ses portes « à qui le souhaite » une semaine avant la rentrée. Depuis le 27 août, une quarantaine de collégiens, de tous niveaux, ont intégré le dispositif. Au menu, pendant quatre jours : des cours de français et de mathématiques le matin, des activités sportives et culturelles l’après-midi.

Les exercices de stimulation corporelle, une entrée en matière dynamique pour favoriser les mathématiques. (Le Télégramme/Emmanuelle Gourvès)

« Des enfants ne partent pas en vacances, restent dans le quartier, s’ennuient… Ce n’est pas marrant. Certains ont hâte de reprendre l’école », reconnaît Yanig Moelo, le principal. Le dispositif permet aussi d’accueillir de futurs élèves de sixième, en lien avec les écoles du quartier, leur offrant une reprise en douceur avant le 3 septembre.

« Un travail sur soi »

Des néo-collégiens qui appréhendent souvent l’arrivée dans le secondaire. Pour limiter le stress généré, le collège propose, cette année, des cours qui couplent deux matières a priori éloignées : les maths et la sophrologie. « Un mélange éprouvé sur une dizaine d’heures, l’an passé, avec les troisièmes », précise Yanig Moelo. Une petite dizaine de futurs sixièmes en bénéficient cette semaine.

À la baguette : Annaick Helias, professeure au lycée Victor-Hugo, à Hennebont, et diplômée en sophrologie.

L’idée ? « Proposer aux élèves une première approche des techniques de relaxation pour se détendre, se connaître, se concentrer… C’est tout un travail sur soi qui influe sur les apprentissages, notamment pour régler les problèmes de stress, d’attention, de

concentration… Ça joue aussi sur la motivation ! », note l’enseignante, adepte du bâton de paroles. « La sophrologie est efficace à tout âge, surtout avec les enfants et les adolescents qui sont plus réceptifs ».

« C’est un truc de ouf ! »

Avant d’attaquer de front les chiffres et autres tables de multiplication, place à des exercices de stimulation corporelle, « qui amènent un mieux-être et une meilleure connaissance de soi. L’aspect ludique est important », insiste Annaick Helias. De quoi éveiller la curiosité des élèves. « Tout est question de ressenti, de sensations. Les jeunes ont besoin de temps de pause. Avec des outils basiques, ils apprennent à mieux gérer les difficultés », insiste-t-elle.

Le travail de respiration abdominal, rien de tel pour bien commencer un cours...Le travail de respiration abdominal, rien de tel pour bien commencer un cours de maths ! (Le Télégramme/Emmanuelle Gourvès)

La séance débute par un travail de respiration abdominale, en position assise. En cercle, les enfants ferment les yeux, mains sur le ventre. Ils écoutent les bruits, observent leur souffle… « Quelle est votre météo intérieure ? », demande la prof. « Je me sens soleil », lance Tara. Idem pour Tatiana. Sounya, elle, décèle « des nuages ». Mais pas de tempête à l’horizon… Place ensuite aux exercices dynamiques. « On bouge, on se masse, on marche… », relate Déa. Rien à voir avec un cours ordinaire. « C’est drôle. On s’amuse et on travaille. C’est deux en un ! », glisse Stéphanie. La première n’a d’ailleurs pas hésité à travailler sa respiration, la veille au soir. « Ça m’a aidé à m’endormir », confie-t-elle. Ils sont unanimes : « C’est un truc de ouf ! ». Une chouette mise en jambes d’une vingtaine de minutes avant de plonger dans le dur des mathématiques.